coincée, je me sens vraiment incapable de faire face toute seule, ici.
Je me lève. Je sais qu'hier j'ai dit que c'était la dernière, mais je sais aussi que j'en ferai une ce matin, que j'inventerai une fausse excuse pour ne pas aller me ballader cet après-midi, que je resterai dans un film, dans un livre, ou dans des jeux sur Facebook parce que c'est bien plus simple que de voir la réalité en face.
à 11h aujourd'hui, j'ai déjà mangé plus de calories qu'un être humain doit ingérer en une journée bien remplie. Et moi, je ne veux pas bouger. Il y a une rage profonde qui m'habite mais je n'arrive ni à la canaliser ni à faire en sorte que ma vie change. Je me retrouve coincée. J'attends avec impatience la rentrée, Clio, l'occupation du quotidien, l'envie de mincir à tout prix, l'envie de lui montrer que je peux être belle...
Porter autant d'importance sur le physique et être aussi démesurément grosse... Paradoxe total d'une personnalité ingérable. Je pense parfois à un changement radical. Mais ma raison me dit que c'est d'une débilité sans nom. Si je n'arrive pas à être heureuse aujourd'hui, avec tout ce que j'ai, je ne le serai jamais, peu importe l'endroit ou le moment où je me trouve. Quoique... l'être humain est tellement bizarre et incompréhensible au final. Trop de paramètres.
je n'ai qu'une envie : arrêter de penser et vivre. perdre 4 kilos avant la rentrée, avoir une garde-robe décente, et m'éclater pendant l'inté, pendant la mise en place de la coloc', de profiter de cette année qui sera la dernière vraie année complète de vie étudiante. Je n'ai absolument pas envie de me retrouver face aux réelles contraintes qu'impose la "vraie vie". J'ai l'impression d'y être tellement mal préparée, d'être incapable de gérer ma vie. Je suis une gamine de 14 ans à ce niveau là. Et pourtant, 21 déjà...
Ce chiffre, 21, me donne une impression d'irréalité. J'ai l'impression de ne pas avoir conscience de ce qui s'est passé entre mes 16 ans et aujourd'hui. Cette impression d'être la même, sans évolution, d'avoir juste laissé le temps s'écouler mais sans qu'il ait eu d'amprise sur moi et ma vie. Comme si je l'avais laissé coulé sans rien avoir appris par moi-même, laissant ma vie passer mais de façon totalement passive, sans consitance.
Quand vous allez lire ça mes amis, vous allez vraiment vous dire que j'exagère. Qu'il suffit d'un bon coup de fouet, de motivation et que hop! on s'en sort. Bah c'est comme si j'avais déjà tout donné avant et qu'aujourd'hui je suis une petite vieille qui attend son heure. C'est totalement absurde, je sais bien. Mais comment expliquer que je ne veux voir personne, ok je n'ai plus personne ici. Mais j'aurais pu décider de partir 1 semaine à droite, à gauche. J'aurais pu aller voir Sanjay, aller voir Clio, aller voir Vanessa, Emilie, aller en martinique sinon, voir mon oncle! ou alors à Paris, chez ma tante. j'aurais pu ne pas m'ennuyer tant. J'aurais pu passer des heures sur le code, sur mes dessins, sur mes écrits, sur le piano, dans la forêt ou sur un vélo. J'aurais pu passer des heures au ciné, appeler Thomas ou Julien, j'aurais pu...
Et au lieu de ça, j'attends. Ce n'est pas difficile à vivre, tant que je reste dans ma bulle. mais quand je dois me préparer, essayer d'enfouir en moi le fait que je me trouve énorme, quand je dois me maquiller, et affronter le miroir, là c'est difficile. Parce que la seule personne à blâmer, c'est moi. Et que quand je me dis "décidément, c'est fini. fini, fini", je suis sincère. Je ne mange pas le midi parce que j'ai fait une crise le matin, et je me sens redeveir forte, maître de moi^-même. Je suis capable de me sentir à la fois profondément déprimée à cause de cette apparence qui ne me convient absolument pas, et à la fois tellement soulagée: je me dis que enfin ça va changer, je sens que je ne ferai pas de crise de la journée, et j'arrive à me persuader que tout va bien. Et le lendemain souvent...
Bref.
Je m'en vais voir Emilie pour 3 jours cette semaine. ça me fera du bien d'avoir de la compagnie. et qqn qui a réussi à perdre 30 kg... ça me donnera espoir et amitié en mm tps. Je t'aime très fort ma milouche. Je sais que je ne suis pas à la hauteur mais j'espère de tout coeur réussir à reprendre tout en mains, comme je savais le faire à une certaine époque.
J'aimerais redevenir cette référence de fille solide, qui s'en sort. Mais pas seulement sur de l'apparence. Je veux ÊTRE cette fille (wouah! je viens de découvrir qu'on pouvait mettre un accent circonflexe sur des majuscules!).
et bla et bla bla et bla blabla !
pfff
tourne la page Cécile.
vas-t'en ou reviens. Mais fais qqch!
la vie est un long fleuve tranquille.... il parait